Guide alpin répond aux questions fréquentes sur la sécurité en cas d'avalanche

Vous êtes-vous déjà demandé ce qui provoque une avalanche ? Angela Hawse, guide d’alpinisme chez Eddie Bauer, a passé les neuf derniers hivers comme prévisionniste d’avalanches pour Telluride Helitrax, et elle est là pour répondre aux questions les plus fréquemment posées sur Internet concernant la formation et la sécurité en cas d’avalanche, l’équipement de sécurité et bien plus encore.

vignette vidéo sur la sécurité en avalanche

00:25 - Qu'est-ce qu'une avalanche et qu'est-ce qui les provoque ?

Une avalanche est une masse de neige qui dévale généralement une pente montagneuse à grande vitesse, entraînant avec elle d'autres chutes de neige, parfois des arbres, des rochers, de la boue et d'autres débris, à un rythme alarmant. Tout élément déclencheur peut provoquer une avalanche lorsque la charge dépasse la capacité de résistance du système : une personne, un animal sauvage, une chute de pierres ou encore la charge du vent sur une pente, la neige étant entraînée par le vent venant du versant opposé. Il existe donc de nombreuses façons différentes dont les avalanches peuvent se déclencher.

01:07 - Pourquoi la sécurité en cas d'avalanche est-elle si importante ?

Chaque fois que nous nous trouvons en montagne lorsqu'elles sont enneigées, les avalanches représentent un danger. Il est donc extrêmement important, premièrement, d'emporter le matériel adéquat pour pouvoir effectuer un sauvetage en cas d'avalanche impliquant nos amis ou un autre groupe, et deuxièmement, pour pouvoir être retrouvés.

01:31 - Existe-t-il différents types d'avalanches ?

Bien sûr. Il existe plusieurs types d'avalanches, comme les avalanches de plaque, les avalanches de plaque à vent, les avalanches de plaque dure, les avalanches de plaque molle, les avalanches de neige de tempête, les avalanches de neige molle, les avalanches de neige mouillée et les avalanches de glissement. J'en oublie probablement une ou deux. Bref, il existe une grande variété d'avalanches.

02:04 - Où se produisent généralement les avalanches ?

Les avalanches se produisent généralement sur des pentes supérieures à 28 ou 30 degrés. Les zones à risque sont généralement dépourvues d'arbres et de végétation. Au printemps, les avalanches, même sur des pentes beaucoup moins abruptes, sont très dépendantes du moment de la journée. Le matin, par temps froid et sec, lorsque la neige est gelée, le terrain est très stable. Puis, à mesure que les températures remontent, l'eau s'infiltre dans la neige, la saturant et provoquant des avalanches lorsque le manteau neigeux est moins compact. Les avalanches printanières sont donc bien plus prévisibles que les avalanches hivernales, mais les deux sont facilement évitables.

02:54 - Quels sont les conseils pour lire le terrain ?

Il est donc absolument crucial de connaître l'angle de pente lorsqu'on explore un terrain avalancheux, car dès que la pente dépasse 28 degrés dans un manteau neigeux hivernal, une avalanche peut se déclencher. Certaines applications permettent de visualiser l'angle de pente en inclinant son téléphone. Elles fonctionnent comme un inclinomètre et indiquent l'angle exact. Les avalanches peuvent également se produire dans les zones boisées, bien que moins fréquemment. Les dégâts les plus importants se produisent souvent en amont des arbres. On observe alors un phénomène de « flagellation » : les branches sont dénudées du côté supérieur de l'arbre, tandis que le côté inférieur présente des branches saines. Ce phénomène, appelé « flagellation », est un signe évident de couloir d'avalanche.

03:45 - Quel équipement est utile pour la sécurité en cas d'avalanche ?

Il existe trois éléments essentiels de l'équipement de sécurité en cas d'avalanche pour les sorties hors-piste. Le premier est un détecteur de victimes d'avalanche (DVA). Ce dispositif émet un signal récupérable en cas d'avalanche. Si vous êtes enseveli, ce signal permettra à vos compagnons de vous localiser rapidement s'ils se sont entraînés à utiliser leur DVA. Le deuxième outil crucial est une sonde à avalanche. Elle permet de localiser précisément la personne ensevelie grâce au signal émis par son DVA. Vous pouvez alors utiliser votre pelle à avalanche, le troisième élément essentiel de votre équipement, pour commencer à dégager la victime. D'autres équipements peuvent également s'avérer utiles. Les airbags anti-avalanche sont indispensables, et un téléphone portable est primordial en cas d'urgence. Il est judicieux d'avoir une balise de détresse personnelle (type GPS), un appareil similaire à un Garmin ou un DeLorme, une trousse de premiers secours de base, un kit de réparation de base et une couverture de survie. Une petite couverture de survie légère, disponible dans n'importe quel magasin d'articles de sport, est très utile au fond de votre sac à dos, car en cas d'avalanche, une personne risque l'hypothermie.

05:17 - Peut-on déclencher une avalanche ?

Bien sûr. Comme nous l'avons déjà mentionné, les avalanches peuvent être déclenchées de différentes manières. Les avalanches provoquées par l'homme sont certainement parmi les plus fréquentes. Il existe plusieurs façons de déclencher une avalanche. Le plus souvent, c'est en skiant sur une bosse. C'est là que les skieurs rencontrent parfois des difficultés : évaluer l'angle de la pente est délicat, car le début d'une bosse est un point de départ très fréquent pour les avalanches. Les avalanches peuvent également être déclenchées intentionnellement par les prévisionnistes routiers ou la police de la route afin de réduire les risques.

06:04 - Quelles sont les premières démarches à entreprendre lorsqu'on a l'impression d'être sur le point d'être emporté par une avalanche ?

C'est crucial. Réfléchissez vite. Faites tout votre possible pour prendre de la vitesse et gagner en élan afin de pouvoir vous écarter sur le côté. Il est donc important, avant même de vous aventurer en zone avalancheuse, d'avoir un plan de sortie. Soyez réactif et essayez de vous débarrasser de vos bâtons de ski. Si vous êtes pris dans l'avalanche, essayez de nager. Nagez à contre-courant, continuez à bouger, car si vous restez immobile, vous risquez fort de vous retrouver au bas de la pente. Si vous êtes en forêt, agrippez-vous à un arbre. C'est probablement l'une des meilleures choses à faire si vous êtes pris dans une avalanche et qu'il y a des arbres autour de vous. Il peut être très difficile de distinguer le haut du bas. Une fois l'avalanche arrêtée, si votre tête est encore sous la neige, la première chose à faire est de rapprocher vos mains le plus possible de votre bouche pour créer une poche d'air. En effet, votre respiration va emprisonner une couche de glace autour de votre visage, ce qui rendra la respiration difficile. La plupart des victimes d'avalanches meurent par asphyxie. Il faut donc créer cette poche d'air autour de votre visage avec vos mains, ou en levant le coude, et avec l'autre main, pousser vers le haut, car si vous êtes près de la surface, votre main risque de passer à travers la neige et vos sauveteurs pourront vous repérer et vous porter secours.

07:50 - Comment fonctionne un airbag anti-avalanche ?

Les airbags anti-avalanche fonctionnent selon le principe du tri des matériaux : les objets les plus gros remontent à la surface. Si l'on est pris dans une avalanche, on est souvent très dense, et les avalanches de grande ampleur, comme les avalanches de plaque, sont composées de blocs de neige qui nous poussent vers le fond. Lorsqu'un airbag se déclenche correctement, il permet de remonter à la surface grâce à ce tri, où les objets les plus gros remontent généralement à la surface. Il existe différents types d'airbags sur le marché. Ils sont tous très chers et ne doivent en aucun cas être utilisés comme un moyen de skier en terrain avalancheux en toute sécurité. Ils ne rendent pas le ski sur ce type de terrain plus sûr, ils augmentent simplement les chances de survie en cas d'avalanche.

08:50 - Les airbags anti-avalanche sont-ils réutilisables ?

Absolument. Elles sont réutilisables en remplissant le réservoir si vous avez le modèle avec réservoir, ou en rechargeant les airbags à batterie… Vous savez, à la fin de la visite, de retour à la maison, assurez-vous de bien sécher l'airbag, branchez-le, rechargez-le, vérifiez qu'il est complètement chargé, enroulez l'airbag et vous êtes prêt à repartir.

09:20 - Quels sont les signes avant-coureurs d'avalanches à surveiller ?

Les principaux signaux d'alarme sont les suivants : se retrouver avec un groupe dont le niveau de tolérance au risque ne vous convient peut-être pas. Il est important de vous exprimer et de vous assurer que la situation ne s'aggrave pas et que vous ne pouvez plus vous en sortir. On peut éviter bien des problèmes en discutant avec son groupe et en décidant ensemble du type de terrain sur lequel chacun se sent à l'aise ce jour-là. Autre signal d'alarme : la fièvre de la poudreuse. On arrive sur les pistes, le ski est excellent, et on devient presque accro à la poudreuse. C'est une sensation tellement incroyable qu'on en veut toujours plus. C'est comme n'importe quelle drogue, on en veut toujours plus. Autre signal d'alarme : skier dans des zones très fréquentées et voir des groupes arriver en renfort. Personnellement, je serais très vigilant et je m'assurerais de communiquer avec le groupe en question pour connaître leurs intentions, ou bien je trouverais une autre solution pour partir. Le plus important, c'est de rentrer chez soi à la fin de la journée.

10:34 - Qu'est-ce qu'un émetteur-récepteur d'avalanche ?

Excellente question. Un détecteur de victimes d'avalanche (DVA) est un appareil que tous les skieurs hors-piste portent et qui émet un signal basse fréquence, par exemple 457 mégahertz, identique à celui émis par tous les autres skieurs hors-piste. Son fonctionnement est simple : il émet un signal régulier à une fréquence donnée, qui est capté par un autre DVA.

11:10 - Est-ce important de savoir quel type de piles j'utilise dans mon émetteur-récepteur ?

Absolument. Les détecteurs de victimes d'avalanche utilisent soit des piles au lithium, soit des piles alcalines. Les piles alcalines sont beaucoup plus courantes. Les piles au lithium nécessitent un réglage spécifique sur le détecteur, et certains modèles ne sont même pas compatibles avec ce type de piles. Il est donc essentiel de connaître le type de pile recommandé par le fabricant pour votre détecteur et de veiller à ce que vos piles soient toujours en bon état. Personnellement, je les remplace dès qu'elles atteignent environ 40 ou 50 % de leur capacité.

11:55 - Comment choisir un DVA (Détecteur de victimes d'avalanche) ?

En fait, tout dépend de votre utilisation : amateur ou professionnelle. Personnellement, j’aime avoir un DVA (Détecteur de Victimes d’Avalanches) offrant de nombreuses options pour faire face aux différentes situations auxquelles je peux être confronté en tant que professionnel. Pour les personnes susceptibles d’être confrontées à des ensevelissements multiples, ce qui correspond davantage à un contexte professionnel, la possibilité de basculer entre les modes analogique et numérique est précieuse en cas d’ensevelissement profond, multiple ou complexe. La plupart des amateurs seront mieux servis par une balise plus simple, mais réputée, d’une marque reconnue, et après avoir fait des recherches. Quel modèle utilisent vos amis ? Sont-ils satisfaits de leur DVA ? Que disent les avis en ligne ? Y a-t-il eu des rappels de modèles ? Quelle que soit la marque choisie, il est essentiel de respecter les spécifications du fabricant et de faire vérifier votre appareil, généralement tous les trois à cinq ans. Des mises à jour logicielles sont souvent nécessaires. N’achetez pas de balises d’occasion ni de modèles anciens.

13:21 - Où puis-je trouver et comment déchiffrer les prévisions d'avalanches ?

Le site web de référence pour trouver tous les centres d'information sur les avalanches du pays est avalanche.org . Il s'agit d'une organisation à but non lucratif qui propose de nombreuses ressources pour vous aider à trouver le centre le plus proche de chez vous. Vous y trouverez notamment l'indice de risque d'avalanche du jour, sur une échelle de 1 à 5 (1 étant faible et 5 extrême). Vous y trouverez également des informations précises sur l'exposition (nord, sud, est, ouest, nord-ouest, nord-est, etc.) et l'altitude. En zone montagneuse, la répartition de la neige varie souvent considérablement selon les zones, ce qui vous permettra d'identifier les risques de plaques à vent, de plaques molles, de plaques de tempête et d'avalanches de neige instable. La plupart de ces prévisions comportent de petites icônes, souvent en forme de point d'interrogation, sur lesquelles on peut cliquer pour en connaître la définition. C'est un excellent moyen d'étudier les phénomènes d'avalanche, de se familiariser avec la terminologie et de suivre leur évolution.

14:56 - Que faire si votre partenaire est pris dans une avalanche ?

Réagissez rapidement. Sortez votre téléphone portable et appelez le 911. Même sans réseau, essayez d'appeler le 911, car vous serez souvent mis en relation avec les secours. Ensuite, examinez les débris. Voyez-vous votre partenaire ? Un gant, un bâton ou un objet dépasse-t-il ? Si oui, repérez-le immédiatement et marquez-le s'il ne s'agit pas de la personne. Assurez-vous ensuite que votre détecteur de victimes d'avalanche (DVA) est en mode réception. Effectuez une recherche en quadrillage, en fonction de la résolution ou de la distance de détection de votre DVA. Dès que vous captez un signal, marquez sa position et passez rapidement en mode de recherche plus lent. Cette première étape, appelée recherche primaire, est généralement effectuée assez rapidement. Vous êtes probablement encore sur vos skis ou votre snowboard, ce qui vous permet de vous déplacer rapidement pour atteindre une résolution de 10 mètres. Une fois à cette résolution, on commence la recherche aérienne, ou la recherche fine. On va alors procéder beaucoup plus lentement, tout en restant rapide, et en suivant scrupuleusement les instructions de votre DVA (Détecteur de Victimes d'Avalanches). Il vous indiquera la direction à suivre grâce à une flèche, et la distance qui vous sépare du signal. Marquez cette distance, par exemple avec votre bâton de ski, retirez votre sac à dos, sortez votre sonde, et commencez à effectuer des mouvements circulaires pour sonder la neige, à la recherche d'une chaussure de ski, d'un torse, d'une tête, etc. Avec votre pelle, reculez légèrement de la sonde et creusez énergiquement. C'est la partie la plus difficile des recherches. Une fois que tout cela se produit, vous pourriez avoir à prodiguer les premiers soins, notamment du bouche-à-bouche, et, selon la gravité de la situation, à retirer un bloc de neige de la victime. Je sais que tout cela paraît horrible, et ça l'est. J'espère que vous n'aurez jamais à utiliser ces compétences, mais entraînez-vous régulièrement au cas où.

17:20 - Quelles sont les meilleures techniques de pelletage pour déplacer la neige rapidement ?

C'est une excellente question. Les débris d'avalanche se solidifient comme du béton, et il est primordial, premièrement, d'avoir une bonne pelle à lame métallique, et deuxièmement, d'économiser son énergie. Gaspiller de l'énergie, par exemple en ramassant la neige et en la jetant par-dessus sa tête, serait du gaspillage pour secourir son partenaire. La meilleure technique pour pelleter est celle du canoë : on déplace la neige vers le bas de la pente sans la ramasser, en la faisant glisser dans la neige. Si la neige est très dure, il faut utiliser la technique du bloc découpé : on saute sur la pelle, on la frappe avec le pied, on découpe un cube de neige, puis on le dégage en faisant levier.

18:20 - Peut-on se dégager d'une avalanche ?

C'est très improbable. Cela dépend de la neige. S'il s'agit d'une avalanche de plaque, où la neige est très compacte, c'est quasiment impossible. S'il s'agit d'une avalanche de neige meuble, où la neige est moins compacte, il serait possible de se dégager. Bien sûr, cela dépend de si votre tête est hors de la surface. Si votre tête est enfouie et que vos bras sont pris au piège dans la neige, vous ne pourrez pas vous dégager. Encore une fois, le plus important est de créer une poche d'air avec vos mains, en plaçant vos coudes devant votre visage.

18:58 - Quels sont les points de contrôle que vous franchissez avant d'entrer dans la montagne ?

Premièrement, je consulte les prévisions d'avalanches. Généralement, la veille au soir, si je prévois une sortie en hors-piste, je prépare tout mon équipement, je discute avec mes compagnons et on détermine qui portera la trousse de premiers secours, le kit de réparation, et, le cas échéant, le traîneau de secours. On évite ainsi les doublons. On établit un plan. Le matin, je vérifie d'abord les provisions, puis je consulte les prévisions d'avalanches et la météo. Une fois arrivés au point de départ du sentier ou au parking, après avoir rassemblé notre équipement personnel et être prêts à partir, on vérifie nos DVA.

19:50 - Comment teste-t-on la stabilité d'un chemin enneigé avant de s'y engager ?

Il existe plusieurs façons de tester la stabilité d'une pente enneigée avant de s'y engager. Nombre d'entre elles nécessitent une formation plus poussée et des techniques comme le creusement d'une fosse à neige, l'évaluation des différentes couches et la réalisation de plusieurs tests pour repérer les points faibles du manteau neigeux. En général, pour tester une pente avant de descendre, j'observe des pentes d'altitude et d'exposition similaires tout autour de moi et je m'assure de ne voir aucun signe d'avalanche récente, en connaissant l'historique des avalanches. Il existe des tests plus avancés, comme le ski de randonnée pratiqué régulièrement par les pisteurs-secouristes, mais ils comportent des risques. Il s'agit d'exposer un skieur à traverser à grande vitesse la zone de départ ou le haut d'un couloir d'avalanche, en visant une zone sûre de l'autre côté, et en tentant de comprimer la pente ou d'y appliquer une charge soudaine pour voir si elle peut se déclencher.

21:07 - À quelle vitesse peuvent se déplacer les avalanches ? Peut-on distancer une avalanche à ski ?

Excellente question ! La vitesse des avalanches peut varier considérablement, de 8 à 16 km/h environ pour une avalanche de plaque humide sur une pente douce, à plus de 320 km/h. Tout dépend de la densité et de l'humidité de la neige, de la pente et du volume de neige entraînée par l'avalanche.